Directive SIDA

Revue de la Directive de l’Église néo-apostolique sur le VIH/SIDA de juin 2006

Lutte contre l'exclusion

Au mois de juin 2006, l'Église néo-apostolique Internationale a rendu public une nouvelle directive interne sur le VIH/SIDA (document, publié uniquement en anglais, mais commenté en français dans ce communiqué),

Répété trois fois dans ce texte d'à peine une page, le sujet principal du document est sans conteste l'intégration sans condition des personnes infectées par le VIH ou malade du SIDA au sein de l'Église et des différentes activités des communautés.

L'Église prend également position contre certaines croyances, en précisant que le VIH et le SIDA ne sont pas une punition divine.

Prévention

Après avoir rappelé que le VIH ne se transmet pas à l'occasion des contacts courants tels qu'ils se présentent dans le cadre de l'église, la directive énumère quelques conseils afin de se prémunir de l'infection :

  • éviter les pratiques traditionnelles dangereuses, tels que l'excision et la scarification,
  • désinfecter les instruments utilisés lors d'actes médicaux,
  • éviter l'injection de drogues par voie intraveineuse,
  • éviter les rapports sexuels avant le mariage
  • maintenir une relation monogame et fidèle avec un partenaire non infecté.
  • utiliser un préservatif, lors de rapports sexuels ne répondant pas aux deux derniers critères, bien que l'église n'approuve pas de tels rapports.

Maladresse

La formulation choisie pour les conseils de prévention dans le cadre des relations sexuelles n'est pas heureuse :

[L'infection] peut être évitée [...] en maintenant une relation fidèle et monogame avec une personne non-infectée. Quiconque n'est pas disposé a aligner ses actes avec ces principes, devient responsable des conséquences, qui dans certains cas peuvent être graves. Bien que l'Église ne soit pas d'accord avec de tels actes, elle se sent toutefois responsable de recommander à de telles personnes d'adopter des pratiques sûres en utilisant un préservatif, si elles ne peuvent s'abstenir.

Premièrement, la suite des phrases dans la construction du paragraphe, laisse supposer que l'Église ne conçoit l'usage du préservatif en tant qu'outil de prévention contre le VIH que dans des cas d'actes qu'elle n'approuve pas, et que le seul type de relation approuvé se doit d'être fidèle, monogame et avec une personne non-infectée. Ce qui exclurait des relations approuvées, la relation avec une personne infectée par le VIH, même dans le cas où elle serait fidèle et monogame.

Ensuite, s'il n'y a effectivement aucun risque à entretenir une relation fidèle et monogame avec une personne non-infectée, ceci implique de connaître le statut sérologique de son conjoint à tout instant et particulièrement avant chaque rapport sexuel. S'il est possible aux futurs mariés de faire réaliser un diagnostic médical avant de s'engager ou à n'importe quel moment de leur vie de couple, quel conjoint peut témoigner du statut sérologique de son partenaire après 5 ans, 1 an ou ne serait-ce que le lendemain d'un test ?(1) La confiance n'est pas un bon moyen de prévention. En érigeant en méthode de prévention la fidélité à une personne non-infectée, l'Église risque de devoir faire face aux doléances de personnes contaminées, alors qu'elles auront été fidèles toute leur vie à une personne qu'elles croyaient non-infectées.

"Presque la moitié des infections hétérosexuelles pour lesquelles la date de contamination est connue s'est faite par le/la partenaire fixe." note l'Office fédéral de la santé publique hélvétique dans sa dernière étude rendue publique en décembre 2006. Les homosexuels ne sont pas épargnés par ce phénomène selon une autre étude du même institut qui fait remarquer que "le modèle de la conjugalité comme l’une des réponses au VIH présente aussi ses limites: beaucoup d’hommes vivent en couple sans connaître le statut sérologique de leur partenaire, et beaucoup ne parlent pas de leurs aventures."

Résumé

Malgré quelques maladresses dans la formulation des méthodes de prévention quant à la transmission par des relations sexuelles, la directive interne sur le VIH/SIDA apporte de nombreux éléments positifs :

  • intégration sans condition des personnes atteintes par le VIH ou malades du SIDA,
  • conseil d'éviter les mutilations génitales
  • recommandation de l'usage du préservatif (pour ceux qui ne peuvent s'abstenir).

On aurait aimé :

  • une recommandation plus globale de l'usage du préservatif,
  • une recommandation à la fidélité sans en faire un moyen de prévention
  • une traduction dans les langues européennes, car le HIV et le SIDA, et d'autres MST ne sévissent pas qu'en Afrique.

Suites

Un groupe de travail élabore depuis 2001 les actions de l'Église dans la lutte contre le VIH et le SIDA. Il s'agit principalement de missions d'éducation et de prévention en Afrique noire soutenus par des dons collectés lors d'action spécifiques. Selon le communiqué de l'Église, sont en cours de chantier :

  • une nouvelle brochure
  • un nouveau poster
  • une nouvelle directive sur le HIV/SIDA pour les frères du ministère
  • un programme pédagogique pour l'école du dimanche et les cours de catéchisme développé spécialement afin de faciliter l'acquisition d'aptitudes à la vie quotidienne.

Espérons que ces travaux bénéficieront également aux jeunes (et moins jeunes) en Europe et que la formulation soit revue afin de mieux refléter les intentions de l'Église.

(1) Partant de ce principe, il est des couples qui ont instauré l'usage du préservatif dans le cadre de leurs relations sexuelles. Avec en plus de la protection immédiate, l'espoir que l'habitude devienne un réflexe et facilite l'utilisation du préservatif, si l'un ou l'autre venait à tromper son ou sa partenaire dans un moment de faiblesse. 

Agenda :

6 - 8 juin 2014: Rassemblement Religieux International, Munich (Allemagne)

3 - 5 octobre 2014: Berlin (Allemagne)

L'écho des médias:

"Treffen der Regenbogen-NAK in Bremerhaven" un article publié par l'Eglise néo-apostolique de l'Allemagne du Nord.