Position de l'Église néo-apostolique

2005: Position officielle de l'Église néo-apostolique sur l'homosexualité

"En se fondant sur les bases bibliques et la tradition chrétienne, l'Église néo-apostolique n’approuve pas [*la pratique de] l’homosexualité.
Pour ce qui est de savoir si et dans quelle mesure la pratique homosexuelle de l’être humain fortement ancré dans sa prédisposition à l’homosexualité le rend coupable envers Dieu, Dieu seul en est juge.
Dans ce contexte, nous rappelons expressément que les prédispositions sexuelles des fidèles n’entrent pas en ligne de compte pour leur suivi pastoral.
Les frères et sœurs qui pratiquent l’homosexualité ou vivent une relation homosexuelle ne peuvent pas exercer d’activité ministérielle et pédagogique au sein de l'Église." (Chapitre 4.4- Page 6 de Prise de position de l'Eglise néo-apostolique concernant des questions relatives à la sexualité)

[*le texte allemand précise qu'il s'agit de la pratique de l'homosexualité]

 

2006 : L'apôtre patriarche s'exprime sur le thème de l'homosexualité (I)

L'interview

Le 13 juillet 2006, l'apôtre patriarche a répondu aux questions d'une centaines de jeunes d'Afrique du Sud lors d'une table ronde diffusée dans 148 communautés du Sud-Est africain. Sous le titre "dialogue avec les jeunes", le magazine "Notre Famille" a publié, dans son édition du 10 octobre 2006, un extrait des questions et des réponses, dont une sur le thème de l'homosexualité :

A la question d'un jeune : "Quelle est la position de l'Église néo-apostolique sur l'homosexualité et le mariage gay ?", l'apôtre patriarche répondit :

Pour résumer, je dirai qu'il y a deux aspects : Quelle est la volonté de Dieu, et que dit la Bible ? Je pense que vous en arriverez à la conclusion que l'ordre divin dit : homme et femme. Il existe aussi quelques passages bibliques, dans le Nouveau Testament surtout, écrits par l'apôtre Paul, qui se prononcent clairement contre la pratique de l'homosexualité. L'autre aspect est le suivant : Que peut faire celui qui est homosexuel ? Ce n'est pas de sa faute. Dans l'Église et la communauté appliquons-nous à ne pas discriminer ces frères et sœurs, mais à les considérer comme des enfants de Dieu. Je me suis entretenu avec des frères à ce propos, et je connais les difficultés qui s'y rapportent. Mon conseil, c'est de vivre conformément à l'ordre divin et de s'abstenir, dans la mesure du possible, des pratiques homosexuelles. Ce n'est pas simple. Chacun devrait s'examiner soi-même et agir de manière responsable dans ce domaine aussi.

Il va sans dire que ces propos on suscité un grand émoi parmi la communauté homosexuelle néo-apostolique et ses proches.

Ordre divin

Si l'ordre divin dit : homme et femme, en conseillant aux homosexuels de vivre selon l'ordre divin, l'apôtre patriarche leur conseille-t-il de rechercher des partenaires de sexe opposé ? D'arrêter d'être homosexuels ? Ceci n'a pas beaucoup de sens, car il souligne lui-même que l'orientation sexuelle d'une personne ne dépend pas de sa volonté.

Si les homosexuels ne suivent pas l'ordre divin, forcément vivent-ils dans le péché. Là encore, une telle déclaration n'aurait pas de sens puisque l'Église s'est prononcée sur le sujet en indiquant indirectement que homosexualité n'était pas un péché (on aimerait que ce soit plus direct...).

Cette entrée en matière sur le thème "ordre divin" fait-elle référence au mariage gay ? Là aussi, impossible de le dire puisque c'est une notion reprise dans le conseil donné aux homosexuels de vivre selon l'ordre divin.

Pratiques homosexuelles

L'Église a utilisé pour la première fois l'expression "pratique de l'homosexualité" dans sa prise de position concernant des questions relatives à la sexualité de mars 2005. Mais sans pouvoir réellement expliquer ce que recouvrait exactement ce terme : le fait de vivre son homosexualité, les relations sexuelles homosexuelles quelles qu'elles soient ou la sodomie uniquement.

En conseillant aux homosexuels de ne pas pratiquer l'homosexualité, l'Église recommande-t-elle l'abstinence ?

Non, si on considère la réponse suivante, que nous avons reçue en mars 2006, après de nombreux échanges avec l'Église sur ce sujet :

Dans nos dernières communications officielles, nous ne conseillons plus l'abstinence, car cela peut générer des cas de conscience. Aujourd'hui, les recommandations de l'Église sont celles figurant dans la prise de position de l'Église de mars 2005. Nous avons bien conscience que l'expression "pratique de l'homosexualité" n'est pas heureuse, mais nous n'avons pour l'instant aucune meilleure formulation à proposer.

L'église implique-t-elle alors que le fait d'être homosexuel ou de vivre son homosexualité est un péché en soi ? Non plus : 

Dans nos communication officielles, nous ne faisons aucun lien entre homosexualité et péché par dessein, même si nous devons reconnaître, que parmi les relations sexuelles, autant hétérosexuelles qu'homosexuelles, il y a des comportements qui pourraient être liés au péché, comme la promiscuité.

Ces communications nous avaient donné l'espoir que l'expression "pratique de l'homosexualité" ne serait plus utilisée, tant le concept en est flou.

Dans ce contexte, le conseil donné par l'apôtre patriarche de "s'abstenir, dans la mesure du possible, des pratiques homosexuelles" est difficilement interprétable.

Discriminations

Extrait de l'interview : Dans l'Église et la communauté appliquons-nous à ne pas discriminer ces frères et sœurs, mais à les considérer comme des enfants de Dieu.

Nous aurions certainement préféré "car ce sont des enfants de Dieu", mais nous accordons ici volontiers à l'apôtre patriarche la pression de l'interview en direct et le jeux des multiples traductions.

Ce qu'il faut noter, c'est l'appel à l'Église et la communauté de ne pas discriminer les homosexuels. Or, nous considérons que les règles internes à l'Église sont discriminatoires pour les homosexuels. Dans le dernier paragraphe du chapitre 4.4 "Homosexualité" de la prise de position sur la sexualité on peut lire : "Les frères et sœurs qui pratiquent l’homosexualité ou vivent une relation homosexuelle ne peuvent pas exercer d’activité ministérielle et pédagogique au sein de l’Église." De plus, ils ne peuvent exercer une fonction de direction, par exemple dans le domaine musical, qu'au préalable de l'existence dans ce domaine d'une large acceptation parmi les frères et sœurs.

Nous espérons donc que cet appel sera entendu et que l'Église s'appliquera à modifier les règles internes afin de ne plus discriminer les homosexuels.

Réactions

A la parution de cet article dans le magazine "Notre Famille" les réactions ne se sont pas faites attendre et de nombreux homosexuels, ou membres de leur famille ou cercle d'ami, ont écrit à l'apôtre patriarche pour leur faire part de leur désarroi. Plusieurs ayant eu la gentillesse de nous faire suivre leur courrier, parfois anonymement, nous pouvons témoigner qu'ils auront reçu, dans la majorité des cas, une réponse personnelle de l'apôtre patriarche en retour.

Dans ses courriers, en plus de répondre aux questions soulevées, le chef de l'Église reconnaît que la formulation est malheureuse, qu'elle ne correspond pas à sa pensée et s'excuse pour les troubles qu'elle a suscité. Dans ses dernières réponses, il ajoute qu'une mise au point sera publiée dans l'édition de décembre du magazine "Notre Famille" sous la forme d'un interview avec la rédaction.

L'apôtre patriarche a également confirmé cette information aux représentants d'ENArc-en-ciel, auxquels il a également donné quelques détails sur le contenu de l'entretien à paraître.

ENArc-en-ciel attend le texte définitif et la parution de l'entretien pour le commenter.

L'apôtre patriarche s'exprime sur le thème de l'homosexualité (II)

Second interview

Le magazine "Notre Famille" daté de décembre 2006 publie un interview de l'apôtre patriarche intitulé "Options pour l’avenir de l’Église". Cet article est également disponible sous une forme abrégée sur le site Internet de l'Église.

Parmi les sujets abordés, l'apôtre patriarche s'exprime à nouveau sur le thème de l'homosexualité en revenant sur l'interview qu'il avait donné aux jeunes d'Afrique du Sud et qui était paru dans l'édition d'octobre 2006 en suscitant l'émoi de nombreux homosexuels néo-apostoliques et de leur entourage.

Dans ce nouvel interview, il révise, respectivement relativise, certaines positions antérieures de l'Église.

L'homosexualité reconnue comme une disposition naturelle

L'apôtre patriarche reconnaît que l'homosexualité est une disposition particulière de l'être humain, comme le fait d'être droitier ou gaucher. A ce titre l'homosexualité n'est donc ni un péché, ni un penchant non-naturel, ni une maladie. Il se dit aussi convaincu que tout homosexuel qui pratique sincèrement sa vie de foi peut, comme tout un chacun, atteindre la dignité requise pour réaliser le but de sa foi. C'est une conviction qui rassurera celle et ceux qui en doutaient et vivaient avec cette préoccupation depuis des décennies parfois.

La "pratique homosexuelle" n'est pas un péché

La prise de position de l'Église sur la sexualité évoque à deux reprises "l'homosexualité pratiquée" dans le chapitre consacré à l'homosexualité. D'abord pour indiquer que l'Église néo-apostolique n'approuve pas "la pratique de l'homosexualité", ensuite pour statuer que les frères et sœurs "pratiquant l'homosexualité" ne peuvent pas exercer d’activité ministérielle et pédagogique au sein de l'Église.

L'apôtre patriarche reconnaît que la formule fait l'objet de différentes interprétations, mais ce qui est sûr c'est que l'Église ne considère pas la pratique homosexuelle comme un péché.
Il fait remarquer, qu'à son avis, il y a lieu de faire la distinction entre une relation sexuelle stable et la recherche du plaisir sexuel en multipliant les partenaires. Ceci étant également valable pour les hétérosexuels.

Il ajoute que lorsque l'Église dit que les personnes pratiquant l'homosexualité ne peuvent pas exercer d'activité ministérielle et pédagogique, il ne s'agit que d'une recommandation émise dans le but de protéger les intéressés de polémiques qui pourraient naître dans leur communauté.

Le mariage gay en 2016

Concernant la possibilité de bénédictions nuptiales pour les unions homosexuelles, l'apôtre patriarche, tout en étant conscient de l'évolution des mentalités dans la société, renvoie aux textes bibliques qu'il appelle à ne transposer à notre époque qu'avec une grande prudence. Sans fermer complètement cette possibilité, il admet que l'Église est très réticente à ce sujet et qu'aucune discussion sur le mariage gay n'est pas à l'ordre du jour.

Il conçoit que certaines adaptations puissent être apportées, mais elles nécessitent encore un peu de temps. En tenant compte des évolutions ayant eu lieu ces dix dernières années, il convient que la situation sera peut-être bien différente dans dix ans.

Un nouveau communiqué sur la sexualité

L'église travaille sur un communiqué sur la transsexualité qui devrait être publié à moyen terme.

Mais pour l'instant, même si l'apôtre patriarche reconnaît que la position de l'Église sur la sexualité n'est peut-être pas dans son ultime version, sa révision n'est pas à l'ordre du jour.

Notre avis

Nous remercions l'apôtre patriarche de s'être à nouveau exprimé publiquement à propos de l'homosexualité et nous saluons les éclairages nouveaux qu'il a apporté à la prise de position de l'Église.

Pour la première fois, l'homosexualité est reconnue pour ce qu'elle est, c'est à dire une disposition naturelle de l'être humain et la pratique de l'homosexualité clairement définie comme n'étant pas un péché. Nous estimons qu'il devrait être possible à présent pour l'Église de reformuler sa prise de position afin de tenir compte de ce point de vue, et nous regrettons qu'il ne soit pas prévu de le faire prochainement.

Nous sommes heureux de savoir que l'exercice d'une activité ministérielle et pédagogique au sein de l'Église n'est pas impossible aux homosexuels, mais seulement non recommandée pour nous protéger des réactions de nos frères et sœurs. Nous pensons que cette sollicitude peut être la bienvenue dans les régions où les homosexuels sont réellement stigmatisés. Dans de nombreuses régions, dans les grandes villes occidentales en tout cas, une telle protection est superflue. Il y a ici matière à composer et à discuter au cas par cas avec les intéressés.

A propos des mariages gays, qui sont déjà une réalité dans de nombreux pays et d'autres confessions chrétiennes, nous sommes reconnaissants à l'apôtre patriarche de laisser la porte ouverte à une évolution et nous espérons que les homosexuels pourront obtenir la bénédiction de leurs unions avant ces dix prochaines années.Car c'est un fait que de nombreux homosexuels organisent leur vie de couple selon les mêmes principes éthiques que les couples hétérosexuels et ont le même désir d'obtenir les bienfaits contenus dans la bénédiction divine.

Nous espérons que la prise de position de l'église ayant pour thème la transsexualité sera effectivement bientôt publiée. Nos frères et sœurs transsexuels attendent depuis plusieurs années (et plusieurs annonces de sortie imminente), pour l'instant en vain.

Même si, tout au long de l'entretien, l'apôtre patriarche ne s'est exprimé qu'en son nom propre, nous voulons croire que ses paroles reflètent de nouvelles prises de conscience de la part de la direction de l'Église.
Nous y voyons le résultat des longs et nombreux échanges entre ENArc-en-ciel et l'Église néo-apostolique.
Nous souhaitons que l'Église, dans ses prises de position, ne fasse pas que tenir compte des évolutions de la société, mais y participe en utilisant ses compétences théologiques.

Agenda :

6 - 8 juin 2014: Rassemblement Religieux International, Munich (Allemagne)

3 - 5 octobre 2014: Berlin (Allemagne)

L'écho des médias:

"Treffen der Regenbogen-NAK in Bremerhaven" un article publié par l'Eglise néo-apostolique de l'Allemagne du Nord.